La situation n°5 vient de tomber. L’entreprise déclare 78% d’avancement cumulé, le marché initial est de 240 000 euros HT. Tu as quinze minutes entre deux RDV pour vérifier, viser, transmettre au MOA. Sans méthode, tu valides après une vérification rapide, en faisant confiance à l’entreprise du lot menuiserie avec qui tu travailles depuis cinq ans. C’est précisément comme ça que les contentieux financiers s’installent.
L’IA bien organisée transforme cette vérification expédiée en un contrôle structuré en quatre temps. Elle ne signe pas le bon pour paiement à ta place, c’est ton acte professionnel, mais elle pré-mâche la vérification croisée que ton calendrier ne te laisse jamais le temps de faire.
Pourquoi ce visa engage ta signature, pas celle de l’entreprise
L’architecte en mission de suivi financier doit déduire la retenue de garantie de 5% sur les situations qu’il transmet au MOA. La Cour de cassation l’a rappelé en 2021 (Cass. 3e civ. 20 oct. 2021, n°20-21.267, Bergeret) : un confrère a vu sa responsabilité retenue pour avoir laissé filer cette déduction. En marché privé, la retenue est régie par la loi 71-584 du 16 juillet 1971 (ordre public) ; en marché public, par les articles R2191-32 et suivants du code de la commande publique, et depuis le décret 2024-1251 du 30 décembre 2024, elle peut être ramenée à 3% pour les PME. Côté délais, la norme NF P 03-001 fixe à 30 jours le délai standard de vérification par le MOE en marché privé.
La leçon est simple : le calcul peut venir de n’importe où, la signature, elle, n’engage que toi. Tout l’intérêt de l’IA est là, en amont du visa, sur la part fastidieuse que tu bâcles quand le planning serre.
L’IA en relecture intelligente. Le BPP signé reste ton acte.
Les quatre contrôles que je passe avant de viser
CP 01. Avancement déclaré vs avancement réel
Environ 2 min par situation. L’entreprise déclare 78% cumulé. Ton dernier CR indique “pose terminée RDC, 2/3 du R+1, R+2 entamé”, soit mathématiquement environ 65% sur un R+2 simple. Écart de 13 points, soit 31 200 euros HT à expliquer. Verdict : conforme (écart inférieur à 3%), à clarifier (3 à 10%, demande de justification écrite avant visa), refus partiel (au-delà de 10%, visa à hauteur du réel).
Compare l'avancement déclaré dans la situation n°[X] du lot [lot] avec mon dernier CR de chantier (joint).
1. Calcule l'avancement réel selon ce que décrit le CR (estimation honnête)
2. Calcule l'écart en points et en euros
3. Verdict : conforme (< 3%) / à clarifier (3-10%) / refus partiel (> 10%)
4. Si écart, propose le courrier de demande de justification à l'entreprise.
CP 02. Cumul facturé vs plafond du marché
Environ 1 min. Marché 80 000 euros HT, avenant +12 000, plafond 92 000. Cumul situations 1 à 4 = 78 500, nouvelle situation 9 800, total 88 300, soit 96% du marché. Il ne reste que 3 700 euros HT facturables : information cruciale à transmettre au MOA. Verdict : cohérent (moins de 95%), quasi-soldé (95 à 99%, alerter le MOA), dépassement (au-delà de 100%, refuser sans avenant signé).
Marché initial : [X € HT]. Avenants signés : [liste]. Plafond global : [Y € HT].
Cumul des situations 1 à [N-1] : [Z € HT]. Situation n°[N] à viser : [montant € HT].
Calcule : cumul après visa (€ et % du plafond), reliquat facturable, verdict (cohérent / quasi-soldé / dépassement).
Si dépassement, formule le courrier de refus motivé.
CP 03. Présence et calcul de la retenue de garantie
Environ 1 min. C’est le point sanctionné par la jurisprudence Bergeret. L’IA vérifie : présence d’une ligne distincte, taux correct selon le marché, calcul sur le HT, cumul cohérent. Verdict : retenue OK, à corriger (taux ou base erronés), absente (refuser et exiger correction).
Vérifie sur la situation n°[X] :
1. Présence d'une ligne "retenue de garantie" distincte
2. Taux applicable (5% privé / 5% ou 3% PME public selon décret 2024-1251)
3. Base de calcul (doit être le HT, pas le TTC)
4. Cumul de retenue cohérent avec les situations précédentes
Verdict : OK / à corriger / absente. Si problème, propose le courrier de notification (avec mention de la jurisprudence Bergeret).
CP 04. Cohérence croisée entre lots
Environ 3 min pour 12 lots. Le lot peinture déclare 50%, le lot menuiserie 80%, alors que les portes ne se posent pas avant la peinture sur plusieurs zones. Incohérence physique. Verdict : lots cohérents, anomalie (un lot avance plus vite qu’un lot dont il dépend), incohérence (avancement impossible, revue contradictoire).
Voici les avancements cumulés par lot ce mois : [lot1 : X% / lot2 : Y% / ...].
À partir de la chronologie technique standard (gros oeuvre → second oeuvre → finitions), détecte :
1. Les lots dont l'avancement est incompatible avec un lot dont ils dépendent
2. Les lots à progression anormale (saut soudain, stagnation suspecte)
3. Les lots à challenger en réunion
Format : tableau avec verdict par lot et questions à poser.
Le prompt complet, en un seul appel
Une fois la méthode rodée, tu enchaînes les quatre contrôles dans un prompt unique, dans ta conversation projet où tu as déjà le marché, les avenants, le dernier CR et l’historique.
Tu es mon assistant pour pré-vérifier une facture de situation avant que je vise le bon pour paiement.
Contexte : projet [nom], MOA [nom], lot [lot], entreprise [nom], situation n°[N].
Documents dans la conversation : marché initial signé, avenants, situations 1 à N-1 visées, dernier CR, nouvelle facture (jointe).
Exécute quatre contrôles en parallèle :
CP 01 Avancement : déclaré vs CR. Conforme (< 3%) / à clarifier (3-10%) / refus partiel (> 10%).
CP 02 Cumul : cumul après visa vs plafond (marché + avenants). Cohérent (< 95%) / quasi-soldé (95-99%) / dépassement (> 100%).
CP 03 Retenue : présence, taux selon marché, calcul sur HT. OK / à corriger / absente.
CP 04 Inter-lots : incompatibilités d'avancement. Cohérents / anomalie / incohérence.
Sortie :
1. Tableau de synthèse | Contrôle | Verdict | Détail | Action |
2. Décision recommandée : visa direct (4 verts) / visa avec réserve écrite (un orange) / refus motivé (un rouge)
3. Brouillon de note de visa au MOA : rappel marché et avenants, montant proposé après vérification, retenue déduite, net à payer en € HT et TTC, mention de visa contradictoire, date de retour souhaitée.
Contraintes strictes :
- Tu ne signes aucun BPP, tu produis une recommandation que je valide
- Tu travailles uniquement sur les chiffres présents dans les documents
- Si une donnée manque, signale [À VÉRIFIER] sans inventer
- Rappelle que la signature du BPP relève de ma responsabilité (article 1792-1 du code civil)
- Format Markdown.
Là où la machine s’arrête et où ta responsabilité commence
Le bon pour paiement engage ta responsabilité professionnelle. L’IA pré-vérifie, alerte et calcule, mais le visa reste ton acte de maître d’oeuvre (article 1792-1 du code civil). Si elle a manqué une incohérence et que le BPP est signé, c’est toi qui réponds, pas un éditeur de logiciel. Autre limite à garder en tête : la qualité de la pré-vérification dépend de celle de ton dernier CR. Un CR vague affaiblit mécaniquement le contrôle CP 01, puisque c’est lui qui sert de référence à l’avancement réel.
Cette méthode ne remplace donc pas ton jugement, elle te donne une trace écrite défendable et te fait gagner du temps sur le calcul croisé que ton calendrier ne te laisse jamais finir. Elle suppose que tes documents (marché, avenants, CR) sont à jour dans la conversation projet, et elle se cale en deux ou trois situations avant de tourner vraiment toute seule. Une condition non négociable : sur des données financières clients, reste sur une offre professionnelle (ChatGPT Team/Enterprise ou Claude), jamais une version grand public.
Pour aller plus loin
Décliner ces contrôles pour le marché public (CCAG-Travaux, R2191-32 et suivants du CCP), préparer la note de libération de retenue un an après réception, et maintenir un tableau de bord financier projet à partir des situations visées. Voir aussi le pilier IA pour l’architecte et moins d’administratif, plus de conception.
Sources
- Cour de cassation, 3e civ., 20 octobre 2021, n°20-21.267 (Bergeret)
- Loi n°71-584 du 16 juillet 1971 (retenue de garantie, marché privé)
- Code de la commande publique, articles R2191-32 et suivants ; décret n°2024-1251 du 30 décembre 2024
- Norme NF P 03-001 (délais de vérification MOE)
- Code civil, article 1792-1 (responsabilité du constructeur)
Rédigé par IA, validé par humain. Cet article donne des repères opérationnels, pas un avis juridique.